Par Eric de Bouclans

 

         Elément de reconnaissance d'une personne ou d'une famille, le blason et ce qui l'accompagne sont issus du monde imagé du Moyen âge et suivent des règles progressivement fixées au cours du XVIIe siècle. 
         D'abord purement français, le mode de reconnaissance sur les champs de bataille, puis d'authentification de la correspondance par scellés armoriés, s'étend progressivement, en partie grâce aux Croisades, à l'occident européen.
Du XIIe à la fin du XVIe siècle se multiplient les tournois dans toute l'Europe, et ils contribuent ainsi à une production importante de blasons, dûment répertoriés par les hérauts.
Les corporations, guildes, abbayes, bourgeois et paysans ont utilisé des armoiries dans les scellés de leur correspondance, comme marque de propriété et signe de reconnaissance.
Outre sur les armes et les sceaux, le blason est reproduit sur la vaisselle, les linteaux de porte, les vêtements des domestiques, les ex-libris, les tableaux familiaux, les vitraux, les tentures tendues dans les rues lors des fêtes carillonnées et sur les cheminées et plaques de cheminées.

        Les règles du blason

        Pour se reconnaître en étant hors de portée des flèches, les couleurs et signes utilisés se devaient d'être simples et se détacher correctement les uns des autres. 
        La règle essentielle est donc de ne pas faire se côtoyer deux couleurs, qui vues de loin, se confondraient. Les couleurs ont donc été classées en deux types, métaux et émaux, qui ne doivent pas être mis côte-à-côte si elles font partie du même regroupement.
        Les métaux sont l'or (couleur jaune) et l'argent (blanc) et les principaux émaux sont l'azur (bleu), le gueules (rouge), le sinople (vert) et le sable (noir). Il faut aussi ajouter les fourrures, hermine et vair.
Le nombre croissant de porteurs de blason fit que la combinaison de ces couleurs n'y suffit plus. Aux partitions permettant d'agencer les couleurs de différentes manières au sein du blason, il fallut ajouter, ce qui en héraldique, se nomment partitions honorables et meubles.
        Les partitions simples découpent le blason en secteurs géométriques, celles dites honorables sont des formes placées sur le blason tels le chevron, le sautoir, la fasce, le pal ou la croix qui est une combinaison de ces deux derniers.
        Les meubles sont des éléments aux détails simplifiés, voire stylisés pour être vus de loin. Une multitude de meubles a vu le jour, qui proviennent de toutes les inspirations. Les croisades nous ont apporté le lion, le croissant, le palmier, la tête de maure et l'utilisation de croix aux terminaisons particulières (fleurdelisées, recroisettées, pattées, potencées…). Sont aussi représentés les astres, les animaux fabuleux, outils et armes, enfin, végétaux et animaux.

         L'héraldique est encore utilisée de nos jours, les municipalités, la S.N.C.F., l'armée et les scouts continuent à l'employer, et certaines communes créent parfois un blason lorsqu'elles n'en ont pas.

L'exemple du Conseil Régional de Bourgogne est intéressant car le logo qui le représente est un harmonieux compromis entre son héritage et le besoin de rajeunir son image.

          Et malgré le désintérêt pour la science héraldique, voire son opprobre en d'autres temps, il est étonnant de constater sa fréquence dans les biens de consommation, qu'ils soient courants comme le camembert, ou de luxe comme Porsche ou le champagne.